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Je reçois énormément d’appels pour des sondages ou du démarchage sur mon téléphone fixe. Je dois malheureusement répondre à chaque fois, car dans certaines circonstances je peux être appelé par mon boulot pour des interventions d’urgences. Comme dimanche soir, à 23h, j’étais content.

Mais refermons cette parenthèse pour revenir aux sondages. Le dernier date m’a particulièrement amusé (car oui, parfois je pousse le masochisme jusqu’à y répondre au lieu de raccrocher tout simplement)

– Bonjour, je m’appelle [nom prénom] et effectue en ce moment un sondage pour [société inaudible] en quatre questions. Il ne vous prendra que quelques minutes. Avez-vous un peu de temps à me consacrer.

– Oui, allez-y.

– Au niveau de votre consommation de vin, diriez-vous que vous buvez occasionnellement, une fois par mois, ou tous les jours?

– Jamais.

– Jamais?

– Jamais.

– Bonne fin de journée, au revoir ! 

Je suis resté quelque peu stupéfait de ce court entretien. Je passe volontiers sur la rustre façon dont l’opératrice a coupé court à la conversation, mais j’avoue avoir été un peu frustré de n’avoir pu répondre aux quatre questions promises. Même en comptant son « jamais » interrogatif, ça ne fait que deux, il y a de l’arnaque dans l’air. Mais surtout, surtout: avez-vous noté la gradation de la question initiale ?

Prenons les deux premières propositions: occasionnellement ou une fois par mois. Quelle est la différence? Une fois par mois ce n’est pas occasionnel? Ca me semble pourtant assez peu et donc pourrait être facilement qualifié ainsi à mon sens. Mais le meilleur est encore entre les deux dernières propositions: une fois par mois ou tous les jours. Sérieusement? On passe d’une fois par mois à directement tous les jours? D’amateur de grands crus à pochtron aviné? Oui, là je caricature mais avouez qu’il y a de quoi. J’aimerai bien savoir ce qu’aurai répondu quelqu’un qui va boire deux, trois ou même quatre verres dans la semaine? Et quelle sera la finalité de ce sondage? Que pourra t-on en tirer en conclusion?

J’en suis resté tout perplexe au moins cinq bonnes minutes. Puis je me suis replongé Au bonheur des dames (Ah! L’assommoir aurait été plus adéquat pour finir cette note avec une touche d’ironie bien placée, mais que voulez-vous? Ce n’était pas ma lecture du moment)

Deux coups de téléphones, qui n’ont en commun que leur brièveté.

Il y a deux semaines:

– Bonjour. Je vous appelle de la part d’Orange pour savoir si vous êtes satisfait de votre prestation internet.

– Oui, aucun problème.

– Très bien, bonne fin de journée!

Aujourd’hui:

– Bonjour. Je vous appelle de la part d’SFR qui est fier de vous compter parmi ses plus fidèles clients et qui…

– Je ne suis plus client d’SFR. Depuis plusieurs mois.

– Ah bon? Votre ligne 06xxx… n’est plus chez nous?

– Non.

– Très bien, bonne fin de journée! 

Il y a une semaine un ami me demandait comment allait la population locale près de chez moi, habitué à lire les quelques anecdotes que je peux laisser sur mon blog. Car il est vrai que j’en ai peu parlé dernièrement, rien ne méritait vraiment que je m’y attarde, ou peut-être ais-je commencé à m’habituer à évoluer au milieu d’absurdités grotesques. Quoiqu’il en soit, dans les jours qui ont suivi, j’ai été témoin d’une scène qui ravira certainement mon ami en mal d’histoires incroyables.

Ainsi donc, après avoir chargé mon caddie de victuailles qui allaient sous peu ravir mes papilles, je me dirigeais à une caisse ou une file d’attente anormalement longue s’était constituée. Oui, autant ce supermarché est cher, possède des tas de produits périmés ou en passe de l’être et garde ses légumes en rayons plusieurs mois sans aucun problème, autant il est plutôt bien organisé et ses caisses s’ouvrent dès qu’il y a un afflux de clients, de sorte qu’il n’y a jamais plus de deux ou trois personnes par caisses. Et ça c’est un vrai bonheur comparé aux hypermarchés ou la seule attente en caisse peut représenter les trois quarts de votre temps total de courses. Je patientais donc derrière deux femmes, dont l’une d’elle avait amené son enfant, âgé de 5-6 ans. Ce cher bambin semblait un poil énervé, la mère l’était encore plus. S’adressant à la seconde femme qu’elle connaissait visiblement:

– Oh je te jure! Je n’aurai jamais du l’amener! Oh ça non! (Se baissant pour parler à son rejeton) Tu seras puni en rentrant! Tu m’entends? Puni!

A cette annonce, lui qui était déjà énervé se renfrogne davantage. Il chouine, tape du pied dans le caddie, donne des coups à sa mère à l’aide du sac de bonbons qu’il tient en main. Elle semble indifférente à tout cela, continuant de se plaindre à son amie qui reste muette.

– Nan mais c’est vrai! Il est abruti ce gamin je te dis! Ah ça! Nous devions sortir après avoir déchargés les courses mais non, il sera puni! Puni ! (soupir) Il va vraiment finir par me rendre folle, je te jure! J’aurai mieux fait de le laisser à la maison. (Elle se baisse à nouveau, saisi son fils fermement par l’épaule) Ah oui! Nous devions sortir, et bien tu seras puni! Puni !

Et tandis qu’elle se redresse, fière d’avoir enfoncé le clou, il s’énerve davantage, frappe sauvagement le caddie à l’aide de son sac de bonbons pour se défouler. Il faut peu de temps pour que le sachet craque, et les bonbons de se répandre au sol, roulant dans les rayons, se glissant derrière les caisses.

– Ah ben bravo tu as gagné!

Il se met à pleurer, vexé et désolé de voir ainsi son précieux trésor lui échapper. Elle le secoue alors par les épaules, si violemment qu’il en tombe à la renverse.

– Aller, suis-moi! Suis-moi je te dis!

Elle le prend par la main, le traîne littéralement sur deux mètres avant de faire une pause pour lui laisser le temps de se relever. Elle abandonne son caddie alors que c’était à son tour de passer. Son amie le charge à la caisse sans mot dire. Quelques minutes plus tard, on les entend revenir avant même de les voir. Elle hurlant, lui pleurant.

– Viens! Mais viens je te dis! C’est à notre tour! Rho, tu nous fais perdre du temps! Viens!

Elle va le chercher pour le tirer d’un pas pressé. Il pleure toujours alors qu’il arbore un nouveau sac de bonbons. Elle ne prend ni le temps de ramasser ceux qui sont au sol, ni celui de remercier son amie pour avoir déchargé et commencer à recharger l’intégralité du caddie. Elle continue d’affirmer, à tour de rôle à son amie et à son enfant qu’il sera puni. Oui, puni.

Et tandis que je chargeais à mon tour mes courses sur le tapis de la caisse, je l’entends s’éloigner:

– Tu seras puni en rentrant! Tu m’entends? Je te dis que tu seras… oh! Tu as vu le manège? Tu veux en faire un tour ?

Après avoir payé, je me rendais à ma voiture, passant devant les deux amies discutant en attendant que le tour de manège se termine, celui sur lequel se trouvait l’enfant pleurant toujours, son sac de bonbons en main. Il y a vraiment des fois où je me dis que l’on devrait délivrer des permis de procréer à certaines personnes avant de les laisser faire n’importe quoi.

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…et 24 mois.

Il me coûte de plus en plus de faire cette note…

On commence par se taquiner …

… et on sait très bien où cela va mener.

C’est amusant.

Depuis que je publies -parfois- quelques recettes de gâteaux le dimanche, mon blog est entré dans cette catégorie à la mode des blogs culinaires. Je suis « suivi » et « aimé » par une quantité d’inconnus possédant leur propre blog culinaire et essayant de se faire de la pub en postant chez les blogs d’autrui. Quand bien même le thème général n’a rien à voir. Pensez-vous vraiment qu’une mamie-gâteau commenterait mon blog en sachant que je ne suis qu’un suppôt de Satan affublé de cette tare d’aimer les hommes? Brrr …

Non, franchement, mesdames les cybercuistots, prenez un peu le temps de découvrir les lieux où vous mettez les pieds avant d’essayer d’y insérer d’une façon que vous penserez subtile une pub pour votre blog. Mieux, cessez de bloguer  vous ferez du bien à l’Internet. Non, vos recettes ne sont pas originales. Non, vous ne deviendrez pas célèbre avec votre recette de « cake-au-jambon-façon-mémé ». Le blog culinaire est pour la mère de famille ce que le skyblog est à son adolescente rebelle qu’elle ne comprends plus. Dans les deux cas, c’est une pollution pour autrui, tenez-vous le pour dit.

Sur ce, je retourne à mes fourneaux 😀

J’aime aller au théâtre. Que se soit pour y voir un humoriste, une pièce de boulevard ou du classique, voir même un opéra pourquoi pas? C’est comme pour un concert, un live aura toujours un gout exquis comparé à un album ou une rediffusion tv. En plus, à Troyes, on a la chance d’avoir une programmation relativement variée et fournie, dans de petites salles très proches des artistes, un luxe. Reste à pouvoir obtenir des places, là c’est souvent un combat, mais on y arrive au terme de quelques efforts acharnés.

Ainsi, dernièrement, nous avons assistés à une réinterprétation du Rhinocéros, de Ionesco, par une troupe coréenne. Je ne connaissais pas la pièce, et cette comédie-dramatique absurde était fort plaisante. L’histoire originale est celle d’un village touché par la « rhinocérite », maladie contagieuse qui fait perdre aux hommes leur humanité et les transforment en rhinocéros. Ici, c’était transposé dans une usine, cette réinterprétation ne pouvait que me plaire. Les neufs comédiens, accompagnés d’un percussionniste, étaient vraiment excellents, très expressifs. Petite découverte juste avant de nous installer en salle:

Lui> Hey, au fait, c’est une troupe coréenne. Ils jouent en français?

Moi> Ah, heu … ah ben non, c’est écrit « pièce surtitrée » sur les places…

C’était donc notre première pièce en coréen surtitré. Ça ne gâchait pas le plaisir, on suivait relativement bien sans perdre de vue le jeu des comédiens.

Puis, plus proche encore et dans un tout autre registre, nous avons assisté à Lady Oscar, avec -entre autre- Amanda Lear dans une comédie de boulevard sans temps mort. Elle parvient tout de même l’exploit de faire oublier De Funes dans ce même rôle, ce qui n’était pas tâche aisée. La réécriture de la pièce pour la placer dans un contexte moderne y est pour beaucoup également. Formidable séance de musculation pour les zygomatiques.

Et puis, cerise sur le gâteau, nous avons eu droit à un Edouard Collin toujours aussi en forme. On n’a pas boudé notre plaisir 🙂

Hier enfin, nous assistions à une représentation de La controverse de Valladolid. En pleine colonisation du nouveau monde par les espagnols, l’Eglise organise un débat entre théologien et philosophe pour réussir à déterminer si les indigènes trouvés là-bas doivent être considérés comme véritablement humains, s’ils possèdent une âme, et donc doivent être traités comme égaux aux espagnols, ou s’ils ne sont que des animaux à forme humaine que l’on peut réduire en esclavage sans vergogne. Ce fut là encore passionnant.

Prochaine séance fin mars, avec le one-man show d’un humoriste cette fois, histoire de varier les plaisirs 🙂

Petit cours de communication par Orange:

1- Démarcher le client. Lui proposer bien mieux que ce qu’il a actuellement pour moins cher. Lui offrir un téléphone en cadeau.

2- Donner un délai de livraison au client: mi-novembre.

3- Livrer le client: mi-novembre.

4- Prévenir le client que son colis est arrivé: fin janvier.

5- Alerter le client que le précédent mail est erroné: mi-février.

Le mois de mars donnera lieu à un choix cornélien:

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