Alors que je furetais, en mal de lecture, parmis ses innombrables bibliothèques, je tombais soudain sur une perle: « Le ventre de Paris », de Zola.

Je m’offusquais aussitôt. Comment n’avait-il pas eu l’idée de me le soumettre avant cela? Ce livre possédait pourtant deux points forts faisant qu’il ne pouvait que me plaire. D’une part, il était écrit par Zola. Après ma découverte de « L’assomoir », que je ne conseillerai jamais assez à chacun, j’étais en attente d’une autre de ses oeuvres. Et puis -et surtout- il y avait le sujet traité. Le « ventre » de Paris, fait référence aux Halles, et aux fabuleux marchés qui s’y trouvaient à l’époque. Pour moi dont une bonne partie des journées est consacré au ventre (le mien, que je remplis de mets délicieux, et celui des messieurs dont j’apprécie particulièrement les bosses abdominales) ce livre était une évidence.

Ainsi donc je commençais la lecture et suivais  le héros, fraichement retourné à Paris après un exil forcé, et découvrant les Halles nouvellement transformées. Chacune de ses rencontres sera alors l’occasion de découvrir et de détailler un nouvel étalage de nourriture. Là on entre dans une boucherie, plus loin on passe devant une poissonnerie, et à chaque fois, touche Zolienne oblige, des pages et des pages de descriptions on ne peut plus réalistes, nous plongeant sans aucun effort dans l’ambiance de l’époque. « Le ventre de Paris », c’est un livre qui vous fera aime les navets. Non, pas les nanards, les navets, le légume. Si rappelez vous, celui que vous laissiez toujours sur le bord de l’assiette parce que vous le trouviez mauvais. Là, il est tellement sublimé, que vous vous précipiterez en acheter et en faire l’unique accompagnement de votre plat. Vous le regretterez amèrement, mais vous le ferez. Absolument toute la nourriture est passée au crible, des basiques (viande, poisson, fruits, légumes) aux produits confectionnés (fromages, patisseries, boucheries, viennoiseries… et j’en passe) tout.

Mais voilà, aussi envoutantes soient ses descriptions, le livre n’est qu’une suite sans fin de descriptions, sans aucun scénario derrière ou presque. Les ballades du héros ne sont que prétextes pour de nouvelles descriptions. Il y a bien une vague trame scénaristique, mais elle est tellement diluée dans ce flot de victuailles qu’on en vient à l’oublier. Elle revient en force sur les dernières pages du livre, mais elle ne parvient plus à captiver, dommage.

En tout cas, en tant qu’écrivain amateur, l’ouvrage force mon admiration pour ses descriptions, justement. Réussir à détailler un étalage de légumes sur des dizaines de pages sans se répéter ni ennuyer le lecteur (du moins au début, après 400 pages on se lasse quand même) chapeau. C’est un exercice de style auquel je ne me prêterai pas, trop périlleux pour moi.

Au final, je ne conseillerai donc pas ce Zola. L’assomoir était franchement bien plus captivant. A ce propos, on a fait l’acquisition de « Gervaise », son adaptation cinématographie de 1956. Des scènes intéressantes, des élipses un peu trop grande, une fin tronquée, mais un bon moment passé tout de même. Pour le prochain que je lirai, je me réserverai « Germinal », une valeur sure. En attendant, changement de registre avec « Rendez-vous avec Rama« , livre de science-fiction d’Arthur C. Clarke (monsieur 2001 l’Odyssée de l’espace)

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