Depuis plusieurs semaines, j’ai des problèmes de plomberie. Le genre de truc qui me fait royalement chier et que je laisse trainer longtemps avant d’agir.
Lassé de devoir ouvrir et refermer le robinet d’alimentation de mes WC car ceux-ci fuyaient, j’ai pris mon courage et mes outils à deux mains (oh le beau zeugme) et me suis attelé à la tâche.
Maintenant que je suis un bricoleur hors-pair, j’ai pu analyser le problème, qui venait de mon mécanisme de chasse d’eau foutu. En racheter un fut facile, l’installer fut une autre paire de manches. Cela m’a pris plus d’une journée, une bonne centaine de jurons, des décalitres de flotte répandus au sol, et plusieurs coupures aux mains : une horreur. Le bon côté de la chose, c’est qu’après avoir commit presque toutes les erreurs possible, je me sens bien plus capable pour recommencer si le problème venait à se reproduire un jour. Fier de mon résultat, j’allais vite déchanter.
Quelques jours plus tard, le robinet que je devais ouvrir et fermer sans arrêt avant ma réparation s’est mit à fuir, le bougre. Peu motivé pour reprendre un nouveau chantier, et comme la fuite était vraiment peu importante, je me suis contenté de mettre un bol dessous. Revenant de Pologne la semaine passée, horreur ! Le robinet fuyait maintenant allègrement (toujours au goutte à goutte, mais à un rythme plus soutenu, trop pour fermer les yeux) et ce fourbe, non content de me saper le moral dès mon retour, a en plus formé une alliance avec mon chauffe-eau qui l’a accompagné dans sa rebellion aqueuse. Cette fois ce n’était plus possible, je rendais les armes et appelais mon gardien pour lui demander son aide. Après une longue série d’appels téléphoniques (« Ah non ce n’est pas moi qu’il faut appeler, mais essayez ici… »), rendez-vous était pris non pas avec un, mais bien deux plombiers pour me tirer d’affaire. Oui, deux, chacun leur spécialité.
Je ne réalisais qu’après coup la formidable chance qui s’offrait à moi. Oui, puisque de bien entendu, à chaque fois qu’un plombier intervient chez un client, il couche avec lui à la fin. C’est systématique. Dans tous les films / séries tv / livres, ça marche ainsi, à chaque fois, sans exception pour confirmer la règle. Et avec deux plombiers la même journée, j’allais être comblé !
C’est donc tout émoustillé que j’attendais mes deux amants du jour. Et vers 13h30 vint le 1er, que j’appellerai Mr Cuvette, vu que c’est de ça qu’il est venu s‘occuper. En ouvrant la porte, j’étais loin d’avoir le plombier Polonais tant imaginé. Bon, ok, un homme plus âgé que le jeune éphèbe ne m’aurait pas dérangé, un Mike Delfino aurait fait tout autant l’affaire. Mais non, mille fois non, quelque soit l’angle par lequel je le regardais, il n’avait pas une once de charme. Je frémissais en pensant au moment où il aurait terminé son travail. Je préparais déjà mes arguments : « Ah mais non ! Je suis désolé, mais dans tous les films / séries tv / livres, le plombier est beau. Là ça ne marche pas, il y a fraude sur le contrat ! » Mais à peine avais-je entamé ma longue réflexion qu’il m’annonçait avoir finit. Deux coups de clefs avaient suffit pour faire taire ce goutte à goutte provocateur. Je me tenais à bonne distance du bonhomme (on ne sait jamais) lorsqu’il me fit signer la paperasse habituelle et qu’il repartit dans sa tournée sans faire plus d’histoires : il devait bien savoir qu’il ne remplissait pas les conditions et a voulu éviter une situation gênante, le sage homme.



Petit jeu: parmi ces quatre plombiers, sauras-tu retrouver à qui Mr Cuvette ressemblait le plus?
Vers 16h se présentait Mr chauffe-eau. Ouh… Parfait dans son rôle celui-là. Jeune, bien foutu, vêtu de la salopette réglementaire, le cliché à l’état pur. Commençant son ouvrage, il prit évidemment moult poses suggestives en se contorsionnant sous le chauffe-eau. Et moi j’attendais à ses côtés qu’il me lance un bon vieux « Viens tâter de mon gros tuyau » ou un « Tu peux me passer ma clef de 22 dans ma poche de devant là ? », mais rien. J’ai attendu aussi le « Fiouu… il fait chaud chez vous, ça vous dérange si je me mets plus à l’aise ? ». Mais là encore je restai sur ma faim. Soit, il fait parti de ceux qui aiment prendre leur temps. Il m’annoncera à la fin qu’il n’accepte les règlements qu’en « liquide », je vois. Même pas. La paperasse terminée, il s’en est allé. Et il n’est pas revenu non plus cinq minutes après avec un « Oh, zut, je crois que j’ai oublié un outil chez vous. »
Non mais c’est quoi l’arnaque là ? Il y a truanderie, le boulot n’a été fait qu’à moitié ! Où va-t-on si les clichés ne respectent même plus leurs propres codes ?
Ce monde est foutu.

5 commentaires
Flux de commentaires pour cet article
19 mai 2011 à 6:21
Gala
*patpat* ^^
22 mai 2011 à 9:36
fliptom
Si jeune et si naïf. lol
Bah on a tous eu ce genre de pensées, et au final ce genre de déceptions.
Au revoir le monde de Oui Oui, bienvenue dans la réalité.
22 mai 2011 à 4:29
fiuuu
ca dépend moi vendredi soir au taf y avait un ptit blondinet tout mignon au boulot (faut que dise à son patron de me l affecter
7 juin 2011 à 7:18
J’ai testé pour vous… « Yuto's lair
[...] non, le contrôleur ne se dévêtira pas en vous proposant de payer en liquide, là encore un cliché non respecté. [...]
4 janvier 2012 à 11:17
Une de plus! « Yuto's lair
[...] un rythme effréné. Enfin, côté maison, ce fut l’année de la plomberie (et de ses déceptions), et j’espère bien que ça restera l’unique année de la [...]