Jour 2:

6h00: Réveil. Bien dormi, bien récupéré de la torture du bus de la veille. Je file à la douche.

6h45: Je rejoins mes collègues pour le petit-déjeuner. Grumph, rien de sucré. Allons-y pour les saucisses grasses cuisinées avec oignons, bacon et oeufs brouillés, thon, fromage.

7h15: Je remontes à ma chambre pour me brosser les dents. En ouvrant le rideau de ma chambre, je tombe sur ça:

Arrivé de nuit la veille, je ne l’avais pas vu. Ca à l’air chouette, je verrai ça demain, si je me lève tôt, j’ai une heure de libre pour le faire. Qunad même, je me demande bien ce que ça fait là, totalement perdu dans la campagne.

7h30: Départ pour la première usine de la journée, direction Kolo. De nouveau 45mn du même taxi-bus, je suis ravi. Les routes n’ont plus rien à voir avec la veille. C’est pire qu’avant. Etroites et défoncées, une horreur. La campagne polonaise, de jour, offre un contraste étrange. D’un côté on peut voir toute la pauvreté du pays, tel que l’on peut se l’imaginer, avec un côté agricole/paysan proéminant, comme j’ai pu le connaitre brièvement dans mon enfance. On dénombre plus de vaches sur les routes que de voitures, les personnes croisées semblent tout droit sorties des années 50. Mais d’un autre côté, surement boosté par les subventions européennes, on peut aussi apercevoir de très nombreux travaux de construction, de maisons neuves et modernes, d’élargissement de routes, etc. Le décalage est grand  entre ces deux facettes. Les voies ferrées semblent poser problème aux automobilistes par contre. Signal enclenché, ils passent tous. Plusieurs minutes s’écoulent avant que les barrières ne se baissent. Lorsqu’elles remontent enfin, aucun train n’est passé, notre chauffeur décide de repartir. Plus tard, on croisera de nouveau deux autres voies ferrées. Le chauffeur marquera un stop très prononcé devant chacunes d’elles, et ce, même en l’absence de signal d’alarme.

8h15: Arrivée sur le site. Le directeur nous accueille en lisant des notes pré-rédigées. Il ne semble pas comprendre ce qu’il lit, ne parlant visiblement pas un mot d’anglais. Il s’échappe rapidement pour laisser la parole à mon homologue polonais.

8h30: Visite du site. Je me souviens alors d’une parole de mon patron, passé quelques semaines avant moi, et qui finalement résume très bien ce que j’ai pu voir: “On sait où passent les investissements du groupe maintenant.” Malheureusement, nous ne pourrons guère profiter de ce spectacle. On aura bien traversé toute l’usine, mais au pas de course, sans jamais pouvoir s’arrêter sur un détail qui nous intéresserait. Timing prévu trop serré, on nous presse sans cesse. “No no, can’t stop here again. No, don’t take pictures, no more time for that. We have to go! Now! Questions? Later! Go now!”

10h00: Retour en salle pour diverses présentations. C’est moyennement intéressant, et surtout, ça aurait pu nous être diffusé par mail plus tard, ou faire à la rigueur l’objet d’une vidéo conférence. La visite baclée par contre, on ne pourra pas la rattraper. Je ne prive pas de le signaler, brisant les convenances politiquement correctes établies, mais je suis vite rejoint par d’autres qui approuvent mon point de vue.

12h00: Il est déjà temps de partir. 1h30 de taxi-bus pour rejoindre la seconde usine à Wloclawek. Le repas se prendra également dans le bus. En voyant le contenu de notre sac-repas, je maudis celui qui les a confectionné, pour la bonne idée qu’il a eu de nous y glisser des sandwichs dégoulinants de sauce. Cerise sur le gâteau, nous ne disposons que de deux serviettes en papier, d’environs 5cm² chacune, de quoi s’essuyer un unique doigt grosso-modo. Il est intéressant alors de voir les techniques diverses qui s’opèrent. Il y a ceux qui, prévoyants, délaissent le sandwich pour ne manger que les fruits. D’autres optent pour se lécher conscieusement tous les doigts avant de les essuyer du mieux qu’ils peuvent. Certains, non sans scrupules, n’ont d’autre choix que de finir de s’essuyer sur les sièges, plus ou moins discrètement. Personnellement j’ai opté pour retirer le plus gros avec la 1ère serviette, qui finira totalement imbibée, et de fignoler avec la seconde. Résultat correct, mais je filerai me laver les mains aux toilettes en arrivant quand même. Par la fenêtre, je constate que les polonais aiment les habitations aux couleurs criardes. Vert et jaune limite fluo pour les murs, tuiles vertes ou bleux pour les toits.  

13h15: On entre dans la ville de Wloclawek. En guise  de ville, ce n’est en fait qu’une succession ininterrompue de tours/HLM à perte de vue. Haha, ils vont bien s ‘amuser quand tout ça se transformera en ghettos mal fâmés, quand ils décideront de les détruirent pour proposer des logements plus corrects. Pourquoi faut-il que chaque pays recommence les erreurs passées des autres?

13h30: Arrivée sur le site après une ultime route-champ-de-mine. J’ai mal au cul. Je me lave les mains puis rejoint les autres dans la nouvelle salle où ont nous a parqués. J’apprends, sur le buffet qui nous attends, que café se dit kawa en polonais (tiens, ça vient de là?) et thé, herbata. De nouvelles présentations qui auraient encore pu être envoyées par mail.

15h15: Visite du site. La majeur partie de la production est arrêtée à cette heure-là, l’intérêt est limité. Je remarque plusieurs jeunôts relativement bogoss, tout comme il y en avait eu le matin. Ca change de ce que j’ai pu voir en ville ou en campagne jusque là. Ainsi la pologne n’est pas composée que d’ivrognes aigris et abîmés par le temps. J’en aurais bien détourné quelques-uns.

16h45: Dernier retour en salle, conclusions,tour de table, planning pour l’année prochaine. Il est probable que j’ailles -entre autre- en finlande et en italie, mais ça reste à confirmer.

17h30: Retour vers l’hôtel, 1h30 de taxi-bus. J’ai le nez qui coule, j’ai réussi à me chopper la crève, super.

19h00:  Nous arrivons à l’hôtel, le dos en vrac.

19h30: Je retrouve mes collègues au bar, certains ont déjà descendus plusieurs verres. Moi, j’attends le repas. De toute façon je ne bois pas, pas d’alcool en tout cas.

20h00: Une salle nous a été réservée pour le repas, il faut dire que le groupe est grand, et bruyant. Le menu est imposé, il n’y a que deux choix pour l’entrée, le plat et le dessert. Le plat n’ayant rien de typiquement polonais, je fais mon chieur pour avoir autre chose. Déjà qu’on a sacrifié nos visites d’usines, qu’on passe dans le pays en coup de vent sans pouvoir vraiment en profiter, je tiens à ce que mon unique repas digne de ce nom représente le pays où je suis.  J’aurai donc mon Borsh en entrée (soupe de betterave rouge), une sorte de boeuf bourguignon polonais ensuite, accompagnée de quenelles fourrées aux pruneaux, mais je devrais me contenter d’un bête gâteau aux pommes en dessert.

0h00: La soirée s’éternise et commence à se dégrader. Si personne ne s’était attaqué à la vodka posée sur la table pendant la majeure partie du repas, les bouteilles se vident maintenant à la chaine. Il y a de la viande saôule au mètre carré, à commencer par notre responsable. Et ouais Richard, tes excès ne sont pas passés inaperçus. Tes yeux rougis, bouffis, ton avachissement dans ton fauteuil, ne pouvant plus supporter ton propre poids. Oui, parce que tu es gros Richard. Tu suinte le gras, tu es répugnant Richard. Tu es le baron Harkonnen du groupe, notre monsieur Omochi (celui qui trouve les références sans google ou wikipedia gagne un bisou virtuel). Pourquoi crois-tu que personne ne supporte ta présence Richard? Pourquoi crois tu que les seules places vides à table aient été autour de toi? Fatigué, je salue mes collègues et pars me coucher. Le retour demain risque d’être encore pénible, mieux vaut que je me repose. Mon nez coule plus que jamais, je pense avoir un peu de fièvre. Une douche et je m’affale dans mon lit.